27
Mar
2017

Un article du Progrès paru ce samedi a évoqué l'activité de mon fils comme collaborateur parlementaire. Par cette note, je souhaite remettre cela en perspective et apporter précisions et corrections.

Depuis mon élection en 2007, deux collaboratrices ont couvert l'ensemble de mes dix années de mandat : Sophie Waldteufel à Paris et Gwenaëlle Bettin à Lyon.

Sophie est un rouage essentiel dans mon activité parlementaire à l'Assemblée et ceux qui ont eu la chance de visiter l'Assemblée ont pu apprécier sa formidable connaissance de l'institution, de son histoire et de ses règles.

Gwenaelle avait déjà une expérience de plusieurs années à Bruxelles quand je lui ai proposé de prendre la responsabilité de la permanence place Pradel. Tous ceux qui sont venus à ma permanence ont pu apprécier l'attention qu'elle portait à ceux qu'elle accueillait et la formidable compétence qu'elle a acquise pour dénouer les situations les plus difficiles.

Dans mon premier mandat (2007-2012), j'avais en outre deux collaborateurs à temps très partiel. Benoit Valode, mon ancien chargé de mission à la Ville et à la Communauté urbaine, en charge des relations avec la Communauté et la Ville ; mon épouse Simone, venant de prendre sa retraite de directrice de la marque Orange, avait accepté de mettre en place et d'organiser ma communication. Les relations de presse à Lyon étaient confiées à l'agence Agylitis qui travaillait en étroite collaboration avec Simone et je faisais en outre appel à un webmaster extérieur qui avait construit mon site au début des années 2000 pour des mises à jour régulières.

Le rôle de plus en plus important pris par la communication sur internet m'a conduit à réorganiser profondément ma communication dans mon 2ème mandat. D'une part Gwenaelle et Sophie ont pris en charge chacune de leur côté les relations avec la presse à Lyon et à Paris. D'autre part mon site a été totalement refondu pour qu'il soit plus convivial. C'est dans ce contexte que j'ai fait appel à mon fils Yannick. Après une licence de lettres et une maîtrise de géopolitique, Yannick a publié deux ouvrages : « Le Débat européen dans l'Entre-deux guerre » ; et « Les Géographes et l'Europe : l'idée européenne dans la pensée géopolitique française de 1919 à 1939 ».

Yannick partit pour Londres en 1997 pour vivre de sa plume en français, en anglais ou en traductions de l'un vers l'autre, tout en gardant du temps pour son autre passion, la création musicale. La phrase de l'article du Progrès « frustré par le manque d'opportunités en France » (mise en outre en exergue !) est extraite de son site strictement musical (www.yandesastres.com/more/bio) et relate sur un mode humoristique les opportunités musicales de son enfance !...

En 2012, dans le cadre de la réorganisation évoquée plus haut, j'ai donc proposé à Yannick de prendre la responsabilité de mon nouveau site, de ma lettre et des traductions d'articles ou de discours, bref de tout ce qui nécessitait, d'une part ses compétences rédactionnelles, d'autre part une disponibilité comportant plus souvent des soirées ou des week-ends que des heures de bureau, car il m'arrive rarement de me préoccuper de mon site, de mes articles ou de mes ouvrages aux « heures de bureau », que ce soit à Lyon ou à l'Assemblée.

Mes trois collaborateurs ont ainsi des fonctions parfaitement complémentaires : Gwenaëlle à Lyon et Sophie à l'Assemblée où la présence physique est indispensable, Yannick pour l'écriture et l'internet à des horaires atypiques que je n'aurais jamais pu proposer à quelqu'un d'autre, quel que soit le lieu à partir duquel il officie.

La révolution numérique a bouleversé l'écriture, la presse et la communication, mais elle conserve la trace du travail effectué. C'est donc la face cachée de ce site et de la lettre que je retrace dans la suite de cette note, comme j'ai pu le préciser à la journaliste du Progrès en réponse à ses questions.

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25
Mar
2017

C'était à la fin de l'année dernière. Henri était venu présider le déjeuner restreint entre la direction de la Caisse des Dépôts et le bureau de la Commission des finances. Eloigné de l'Assemblée depuis plusieurs mois en raison de sa maladie, il était heureux de retrouver une ambiance qui lui manquait, lui le député élu et réélu sans interruption depuis 1978. Fatigué physiquement, il n'avait rien perdu de sa clairvoyance, toujours aussi lucide et pertinent dans ses analyses.

Nos chemins se sont croisés plusieurs fois depuis 1981. Et même si une certaine complicité était née à la charnière des années 2000, lors d'échanges entre le conseiller du Premier Ministre et le président de la Commission des finances de l'époque, cette complicité est devenue une véritable amitié au cours de ces 10 années où nous nous sommes côtoyés au Parlement. Sans doute notre âge commun nous rapprochait-il, comme le goût du débat, de l'échange et de la politique économique.

En revenant sur ces terres landaises qu'il aimait tant, je ne peux m'empêcher de penser à cette invitation à venir parler à la Fête de la Rose des Landes à l'été 2014. Il m'avait demandé d'expliquer la situation économique et les doutes que nous partagions sur la politique gouvernementale devant plus de 600 militants. Je pensais que les militants attendaient plutôt un meeting et que je n'étais pas le mieux placé pour cela ; il m'avait convaincu qu'ils attendaient au contraire des réponses de fond à leurs interrogations. Il avait raison.

Sous une apparence bourrue qu'il cultivait, se cachait une grande générosité. Ce n'est pas seulement une grande figure de la gauche qui disparaît, c'est aussi un ami.

A sa famille et à ses proches j'adresse mes plus sincères condoléances.

17
Fév
2015

Si un projet de Loi méritait bien une discussion générale, c'est bien celui-ci. Car l'absence de discussion générale a esquivé la principale question qui devait être posée : cette accumulation de mesures a-t-elle un sens dans la conjoncture actuelle ?

De mes travaux d'économiste, je tire la conviction « qu'en économie, il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises mesures, tout dépend de l'environnement et de la conjoncture ». Une politique de réformes structurelles, qui pourrait être efficace en haut de cycle, me paraît totalement décalée dans le contexte d'effondrement de la demande et de quasi-déflation que connaissent notre pays et l'Europe. Non seulement cela n'aura pas d'effet sur la croissance, mais comme l'a rappelé en janvier le prix Nobel Joseph Stiglitz devant notre Assemblée, l'effet pourrait même être inverse : «le problème auquel sont confrontés la France, l'Europe et le monde est un déficit de demande globale. Ce n'est pas un problème d'offre. Ainsi, bon nombre de ces réformes structurelles pourraient aggraver le malaise de l'Europe, en augmentant l'écart entre l'offre et la demande, aggravant ainsi la menace actuelle de déflation en France. ». Une politique dont l'effet favorable éventuel transite par la baisse des prix résultant de la dérégulation ne me parait pas la politique la plus intelligente dans une situation de déflation ; c'est l'un des rares cas de figure où cette politique ne marche pas.

Par ailleurs, s'agissant du travail du dimanche, je n'ai pas changé d'avis par rapport au débat que nous avons eu en 2009 et qui a vu l'ensemble du groupe socialiste s'opposer à son extension. Rien aujourd'hui n'a changé par rapport à ce que nous disions à l'époque sur la nécessité d'un temps collectif commun pour la vie associative, sportive, culturelle ... et sur l'inefficacité d'un déplacement de la consommation de la semaine au dimanche. En développant les grandes surfaces commerciales au détriment du commerce de centre-ville, cette extension remet de surcroît en cause la politique que j'ai conduite, comme adjoint au Maire de Lyon pour préserver le commerce de proximité. Enfin, voter ce texte serait accepter que l'Etat privatise l'aéroport de Lyon alors que presque partout en Europe, la puissance publique reste majoritaire dans le capital des sociétés aéroportuaires.

Pour ces raisons je ne voterai pas la Loi Macron et m'abstiendrai.

16
Sep
2014

J'ai voté la confiance au gouvernement car il s'agit d'un vote qui porte sur l'ensemble de la politique du gouvernement et qui, pour moi, traduit l'appartenance à une majorité. Par ailleurs, le discours de politique générale du premier ministre était, comme je le souhaitais, « rassembleur ». Ce vote positif n'arrête pas pour autant le débat sur la politique économique au sein de la majorité.

Ci-joint, mon intervention sur LCI à la suite du vote :

 

 

11
Sep
2014

Retrouvez ci-dessous un article paru dans l'édition du 11 septembre de Libération:

pdfProfil - Libération 11/09/2014 (pdf).

 

Profil: Pierre-Alain Muet, frondeur malgré lui.  (Par Nathalie Raulin).

Economiste chevronné et modéré, ex-conseiller de Jospin, cet élu lyonnais a lutté durant deux ans en coulisses contre une politique de l'offre «absurde». Et se retrouve à faire cause commune avec l'aile gauche du PS.

Frondeur, Pierre-Alain Muet? Il y a encore six mois, pas un ténor socialiste n'aurait prédit que le vice président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, macro-économiste chevronné et ancien conseiller économique de Lionel Jospin, puisse faire un jour cause commune avec des députés pour la plupart issus de l'aile gauche du parti. François Hollande, dont ce néokeynésien partage les convictions mendésistes, moins que quiconque. Muet le modéré est entré en résistance. Signataire début avril de l'appel des 100. Abstentionniste fin avril sur le «pacte de responsabilité» puis, mi-juillet, sur le budget de la Sécu. Pourvoyeur de tribunes réquisitoires contre le virage économique acté le 14 janvier par le chef de l'Etat. Frondeur donc. «Je récuse ce terme dont on m'affuble aujourd'hui simplement parce que je dis ce que j'ai toujours dit, proteste le député. Mais je ne vais pas remettre en question quarante ans de publications et d'enseignement au prétexte que je suis dans une majorité», s'insurge-t-il. Et d'ajouter, accablé: «Quand le gouvernement glisse complètement à droite, jeme retrouve à gauche...»

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03
Juil
2014

Dans mes interventions sur le projet de loi de finances rectificatif et sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale, mais également à l'occasion d'un long entretien en tête à tête avec le Président de la république, j'ai plaidé pour rééquilibrer le pacte de responsabilité afin que notre politique économique marche sur deux jambes : aux mesures structurelles en faveur des entreprises dont les effets n'apparaîtront qu'à long terme et qui devraient être mieux calibrées, il convient d'ajouter des mesures conjoncturelles (accélération de l'apprentissage, développement des emplois d'avenir, soutien à l'investissement), seules susceptibles de sortir rapidement notre économie de 3 années de récession due à l'effondrement de la demande en Europe.

La situation conjoncturelle est très particulière : après avoir redémarré à la fin de l'année dernière, l'économie française connaît un replat qui risque, comme l'INSEE vient de le rappeler, de se prolonger du fait de la faiblesse persistante de la demande. Dans cette situation où la reprise dépend essentiellement du redressement de la demande, c'est l'emploi qui fait la croissance. Tant que la croissance n'est pas suffisante pour créer des emplois, c'est en effet la création volontariste d'emploi qui enclenchera le cercle vertueux où croissance et emploi se confortent mutuellement. Deux exemples passés, l'un à gauche, l'autre à droite, montrent la pertinence de ce type de politique. En 1997, sous le gouvernement de Lionel Jospin, ce sont les emplois jeunes qui ont déclenché la reprise économique, et quand la croissance est revenue, l'emploi du secteur privé a fortement augmenté. En 2006, une politique comparable a été mise en œuvre par Jean-Louis Borloo avec les mêmes résultats. C'est pourquoi il est indispensable de revenir à l'objectif d'inverser le plus rapidement possible la courbe du chômage par une action massive sur les emplois aidés. Un emploi d'avenir pour un jeune c'est un revenu supplémentaire et donc des débouchés pour les entreprises, et c'est de la confiance pour les familles.

Dans le prolongement de ces réflexions, j'ai déposé deux amendements, l'un pour augmenter fortement les emplois d'avenir (vidéo ci-dessus), l'autre pour accélérer la montée en charge de l'apprentissage (vidéo ci-après). Leur financement - très modeste au regard de l'ampleur des allègements - pouvant être assuré par exemple par la suppression d'allègements parfaitement inefficaces tels que la suppression de la C3S.

Ces amendements n'ont pas été adoptés. Il n'en demeure pas moins qu'un effort massif sur les emplois d'avenir et l'apprentissage reste le chaînon manquant de la politique du gouvernement et la clef de la reprise économique.

29
Avr
2014

J'ai écouté le Premier ministre et reconnais qu'il y a des avancées - modestes - sur le pouvoir d'achat des petites retraites et le maintien du plan de lutte contre la pauvreté. Mais l'économiste que je suis reste en désaccord avec la nouvelle orientation de politique économique que traduit ce programme de stabilité.

Ce désaccord ne porte pas sur la nécessaire réduction des déficits ; j'y souscris ! Mais est-il raisonnable de programmer 41 milliards d'allégements fiscaux sur les entreprises quand nous devons donner priorité à la réduction des déficits ? On peut demander des efforts importants à nos concitoyens quand il s'agit de réduire le déficit et d'arrêter l'hémorragie de la dette. Mais quand ces efforts servent à financer une autre forme de dépense - fiscale cette fois - cela me parait plus discutable. Car les 50 milliards de réduction des dépenses publiques vont servir en grande partie à financer les nouveaux allégements.

Pour les entreprises très fortement impliquées dans l'échange international, un allégement de fiscalité peut conduire assez rapidement à une hausse de l'emploi et de l'investissement, en raison des gains de compétitivité qui en résultent. Mais moins du tiers des allégements concernent les entreprises industrielles. Quant à la grande majorité des autres, elles n'augmenteront l'investissement et l'emploi que si les perspectives de demande s'améliorent. Au moment où l'économie sort péniblement de 3 ans de récession due à l'effondrement de la demande, l'effet dépressif rapide des réductions de dépenses risque de peser sur la reprise.

Mais c'est surtout un tout autre univers politique que dessine ce programme de stabilité. Le chiffrage des 60 propositions de François Hollande sur lequel nous avons été élus représentait « 20 milliards d'euros à l'horizon 2017 ». Certes, il manquait dans le programme présidentiel des mesures sur la compétitivité et elles sont nécessaires, mais est-il raisonnable qu'elles soient presque deux fois supérieures au coût des 60 engagements du Président, au point de bouleverser complètement l'équilibre de notre programme et de devenir l'alpha et l'oméga de la politique économique du gouvernement ? Je ne le pense pas.

Mon abstention n'est pas un vote de défiance à l'égard du Premier ministre ; j'ai voté la confiance sans hésiter et si pour la première fois je n'apporte pas mon suffrage au gouvernement issu de la majorité à laquelle j'appartiens, c'est dans l'espoir de continuer à l'infléchir pour mieux répondre à ce qui reste notre engagement à tous : le redressement dans la justice.

24
Avr
2014
17
Avr
2014

PARIS, 17 avr 2014 (AFP) - Onze députés PS, initiateurs de la demande d'un "contrat de majorité", ont plaidé jeudi auprès de Manuel Valls pour limiter les économies d'ici 2017 à 35 milliards d'euros au lieu de 50. "Au-delà de 35 milliards, nous croyons que reculs sociaux et mise à mal des services publics sont inéluctables", estiment ces députés, s'exprimant "au nom de l'appel des cent" parlementaires pour un "contrat de majorité", dans une lettre au Premier ministre dont copie a été envoyée à la presse. "Nous estimons dangereux économiquement, car conduisant à asphyxier la reprise et l'emploi, et contraire aux engagements pris devant nos électeurs, ce plan de 50 milliards d'économies sur la période 2015-2017", écrivent ces députés de différentes sensibilités. Parmi les signataires figurent les aubrystes Christian Paul et Jean-Marc Germain, Laurent Baumel (collectif "Gauche populaire"), Pouria Amirshahi (aile gauche du PS), ou encore le vice-président de la commission des Finances et économiste, Pierre-Alain Muet.

Télécharger: Lettre au Premier Ministre

16
Avr
2014

Retrouvez ci-dessous mon interview du 16 avril publié dans le Nouvel Observateur (Propos recueillis par Clément Quintard):

Prestations sociales non revalorisées, gel de l'indice des fonctionnaires... Manuel Valls a dévoilé mercredi 16 avril le programme des 50 milliards d'économies. Même s'il a promis de sanctuariser les minima sociaux et le Smic, cela n'a pas empêché certains députés de la majorité de fustiger les annonces du Premier ministre, tant sur la forme que sur le fond. Pour Pierre-Alain Muet, député du Rhône, économiste et vice-président de la Commission des finances à l'Assemblée, c'est l'idée même d'effort budgétaire qu'il faut remettre en question.

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